Edition indépendante Angers 49 - Pays de Loire

NOS AUTEURS

Thomas Bourget
Thomas Bourget : auteur du petit pavé

Biographie

Thomas Bourget né le 04/05/83 angers aime ouvrir les noisettes avec un casse noisette n’aime pas beaucoup les moustiques et la grêle qui prévient pas graphiste illustrateur ...

Accéder à la fiche complète
Tous les auteurs

NOS COMPTOIRS DE VENTE



COMPTOIR RURALIVRE
La Boutique du Livre & Imprimé
49320 Brissac-Quincé

SIEGE SOCIAL
49320 St Jean des Mauvrets

ESPACE L'AUTRE LIVRE
75005 Paris

COMPTOIR SPE
75015 Paris

Retrouvez-nous sur Facebook

L'ACTUALITÉ du Petit Pavé09-08-2010

Le Petit Pav redcouvre Maurice Drack - Photo chair-fraiche_0.jpg

Le Petit Pavé redécouvre Maurice Drack

Afin de présenter Maurice Drack, cet auteur méconnu, nous publions ici la préface de l'ouvrage Chair Fraiche : PRÉFACE Cruel univers que celui de la littérature qui offre généreusement l’éternité à certains auteurs et voue les autres à l’oubli… Réalité d’autant plus cruelle que, bien souvent, les critères retenus pour ce « tri sélectif » n’ont rien de véritablement objectif. Parmi les pionniers de la littérature policière, une poignée de noms trônent, indéboulonnables, depuis des décennies : ceux d’Eugène Sue, d’Émile Gaboriau, de Ponson du Terrail, de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc. Au-delà de cette première cohorte, quelques autres surnagent avec difficulté : Charles Barbara, Fortuné du Boisgobey, Jules Lermina. D’autres enfin, ont complètement disparu et ne se retrouvent même pas dans les bibliographies ou autres historiques consacrés à ce type de littérature. C’est le cas pour Maurice Drack, romancier, dramaturge et journaliste, de son véritable nom Auguste Alfred Poitevin, né en 1834 et mort à Paris en 1897. Difficile pourtant de justifier l’oubli absolu qui recouvre aujourd’hui son œuvre car, sans chercher à voir en lui un « génie méconnu », il suffit de lire quelques-uns de ses romans pour réaliser qu’ils rivalisent sans honte avec la plupart des récits des illustres auteurs que nous avons nommés plus haut. Maurice Drack pourtant, a joui d’une réputation tout à fait honorable en son temps. Passionné de théâtre, il est l’auteur de plusieurs pièces (L’Occasion, Cromwell, La P’tiote, La San-Felice…) jouées dans divers théâtres parisiens (le Château d’eau, la Gaieté, le Gymnase…) Il est également le coordonnateur d’un ouvrage intitulé Le théâtre de la foire, la comédie italienne et l’opéra-comique : recueil de pièces choisies jouées de la fin du XVIIe siècle aux premières années du XIXe siècle, livre qu’il complète d’une étude historique, de notes et d’une table chronologique (Firmin-Didot, 1889). Les écrits de Drack se rangent, si l’on veut, en trois catégories relativement distinctes : tout d’abord, les grandes fresques historiques qui, dans la partie romanesque de son œuvre, trouvent leur expression dans les aventures de Trinqueballe, par exemple, roman paru en 1888 chez Dentu, qui met en scène les déboires amoureux de François Ier opposé à un jeune aventurier, Trinqueballe, farouche défenseur de l’honneur de sa bien aimée ardemment convoitée par le roi. Au théâtre, ce goût de la reconstitution historique prend corps dans des pièces telles que La San-Felice (1881, adaptation du livre de Dumas), ou dans Cromwell, drame inspiré de l’œuvre de Victor Hugo, qui génère, à l’occasion de sa première présentation en 1876, un scandale que Jules Claretie nous dépeint dans La Vie à Paris : Drack avait choisi, comme acteur principal de sa pièce, Paul Félix Taillade (1826-1898). Ce dernier, emporté par sa haine des royalistes en rajoute : « Ah ces misérables royalistes ! » s’écrie-t-il à un moment clef de la pièce. Une véritable bataille s’organise dans la salle. La représentation est suspendue et ne peut reprendre que quelques semaines plus tard. À la remarque de Drack qui lui rappelle que son texte ne comportait pas cette phrase, Taillade répond : « Le mouvement de la scène m’a emporté ! »1 Parallèlement à ces reconstitutions historiques, Maurice Drack aime également produire des pièces plus légères, parfois comiques, telles que L’Occasion (1880), La Chrysalide (1883) ou Myrtille (1886), opéra comique réalisé en collaboration avec Émile Erckmann et Alexandre Chatrian (pour les paroles) et avec Paul Lacôme d’Estalenx (pour la musique)2. Enfin, Drack exprime également un intérêt très vif pour la création d’histoires contemporaines ou se mêlent aventures, études de mœurs, mystères et énigmes policières. Là encore, ce goût se retrouve aussi bien dans ses romans que dans ses pièces de théâtres. Ainsi dans Les Ruffians de Paris, drame en neuf tableaux présenté en 1894 à l’Ambigu3 où il reprend les thématiques et les personnages de Chair Fraîche, ou dans le projet d’adaptation à la scène du Nord contre Sud de Jules Verne, qu’il entreprend en 1887. Du côté des romans, on peut noter les deux volumes des Ruffians de Paris (La Dent du rat et La Revanche de Caillebotte, 1885), mais également La Goutte de sang (1885) ou Le Pavé de l’enfer (1886). * Chair Fraîche a vu le jour en 1887, chez Jules Lévy, éditeur parisien. On y retrouve presque tous les ingrédients des romans populaires de l’époque : la lutte très manichéenne des « gentils » (Maxime Charly et Christian Sévérus, secondés par les efficaces redresseurs de torts de « l’Abbaye de la Flemme ») et des « méchants » (Cesare Chiotto, la tête pensante de « l’Association » machiavélique, et ses seconds : Socquart, Olaf Morder et la belle et impitoyable Marianna Larrivée). On y retrouve également les avalanches de rebondissements dits « rocambolesques », les longues balades dans les rues de Paris, les déguisements (chers à Arsène Lupin), les prisons, les passages secrets, les enlèvements... Certes, Maurice Drack n’invente rien. Seulement, il donne à son récit un rythme trépidant, jamais lassant, où les points d’exclamation et de suspension sont les rois. Le style est vif, très souvent parlé (et l’on sent bien ici que le romancier a beaucoup appris de l’auteur de théâtre). Ce qui impressionne aussi, à la lecture de Chair Fraîche, c’est justement la… « fraîcheur » et la belle énergie de l’auteur, bon vivant et ennemi des morales restrictives, qui n’a que faire des pudibonderies un peu mièvres que l’on retrouve bien souvent dans ce type de littérature ( chez Gaston Leroux par exemple). Par le biais de ses personnages, il nous fait partager sa gourmandise, son approche hédoniste de la vie et des plaisirs qui y sont associés : plaisirs de la table (dans ce roman, nos héros passent presque autant de temps à se restaurer qu’à poursuivre leurs adversaires !) et plaisirs de la chair. Certes, l’amour courtois et romantique n’est pas absent du livre et la chaste idylle entre Christian et Amalia, par exemple, en est la preuve. Mais Drack n’hésite pas non plus à parsemer son récit de péripéties d’un érotisme sans équivoque. C’est le cas à plusieurs reprises, notamment lorsqu’il met en scène les « Jeunes-Égarées », superbes créatures, soumises aux caprices de Chiotto et de ses acolytes, et qui n’hésitent pas à faire usage de tous leurs charmes pour désarmer leurs adversaires. Le grand maître de « l’Abbaye de la Flemme », Jacques Escouloubrès, par son amour des travestissements, son audace, sa malice, sa force, son regard cynique sur les grands de ce monde et sa séduction naturelle, préfigure fortement le Arsène Lupin de Maurice Leblanc, qui ne commencera à sévir pourtant officiellement qu’une quinzaine d’années plus tard. Son attrait pour les « gadgets » (passages secrets, potions « magiques » en fait également un très respectable ancêtre de James Bond. Bref, avec Chair fraîche, Maurice Drack nous offre un roman qui n’a absolument pas vieilli, qui se lit d’une traite, sans une seconde d’ennui et que l’on peut classer, sans aucune honte, dans les rayonnages de sa bibliothèque, entre les classiques du genre. Stéphane BEAU Décembre 2009


Toutes les actualités