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L'ACTUALITÉ du Petit Pavé22-12-2011

Jean-Pierre Raison dans la tendance de Jérôme Garcin

La tendance de Jérôme Garcin > Le journalisme à l'âge de Raison Le journalisme à l'âge de Raison Créé le 07-12-2011 à 17h44 - Mis à jour le 10-12-2011 à 10h17 LA TENDANCE DE JEROME GARCIN. Avec «le Quotidien d'un O.S. du journalisme», Jean-Pierre Raison prend sa revanche sur les années où il était reporter de proximité. Autrefois, Pierre Viansson-Ponté les appelait des «journalistes de campagne». Aujourd'hui, on les qualifie de reporters de proximité. Ce sont les localiers de la PQR (presse quotidienne régionale). 26 05 11 JeromeGarcin Sipa La tendance de Jérôme Garcin (c)Sipa Appareil photo en bandoulière, ils courent d'un conseil municipal à une épreuve sportive, d'un accident de la route à une fête associative. Les mots leur sont comptés, la subjectivité est prohibée. Ils témoignent toujours, ne jugent jamais. D'ailleurs, la plupart de leurs articles ne sont pas signés. Peu reconnus, bien qu'ils oeuvrent au lien social communal, et mal payés (à la ligne, pas au feuillet), les localiers ont la vie rude. De son expérience à l'agence tulliste de «la Dépêche du Midi» dans les années 1970, Denis Tillinac tira son premier livre, au titre éloquent: «Spleen en Corrèze». Il y décrivait, dans la «mélopée de la durée provinciale», ses mornes journées, sa solitude, son exil intérieur, ses illusions perdues. Jean-Pierre Raison n'est pas moins amer, mais il est plus drôle. Correspondant à Nantes de «Presse- Océan», entre 1988 et 1991, il se souvient encore de l'ordre que lui asséna son rédac chef: «Pas de politique, pas de polémique.» Manque de pot, Raison était déraisonnable: fou de littérature, il aimait écrire, ferrailler, s'engager et voulait se faire un nom. Il n'avait donc pas le style de l'emploi. Il se rêvait Céline et Don Quichotte, on lui demandait de devenir un «acolyte anonyme» assujetti au syllogisme sujet-verbe-compliment. Pour rendre compte de l'ouverture d'un bar-billard, de la fête des châtaignes ou de l'arrivée d'une foreuse de tunnelier, il soignait, contre 900 francs mensuels, des papiers aussitôt mutilés où les coquilles ajoutaient aux mastics. «On ne fait pas de bonne littérature sans pressentiments», écrit-il à la veille d'être licencié. Avec «le Quotidien d'un O.S. du journalisme» (Le Petit Pavé, 18 euros), il prend d'autant mieux sa revanche que le localier est devenu écrivain. Tendance chouanne.


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