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LA REVUE DE PRESSE, la presse en parle23-01-2009

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Deux regards éclairés sur l’œuvre d’Hervé Bazin

"Dans les pas de Hervé Bazin" est le deuxième livre de Philippe et Catherine Nédélec. Le premier, "Anjou, entre Loire et tuffeau » régulièrement réactualisé depuis sa sortie en 2001, est un bel hommage à notre région. Le second, consacré à un illustre homme de littérature, pour¬suit ce voyage bercé entre deux amours que sont la littérature et le terroir. Et qui mieux qu'Hervé Bazin embrasse si bien ces deux passions.
En se plongeant dans cette biographie, rédigée à quatre mains, l'on découvre la vie rude et intense d'un homme mal à l'aise dans son milieu. C'est connu, tout est dit dans « Vipère au poing », un premier roman fulgurant, où Hervé Bazin a souffert d'un manque d'amour évident. Mais il a su le transcender à travers une oeuvre littéraire forte, souvent épinglée par la critique mais saluée par ses pairs et un large public. « Douze ans après sa mort, aucun livre ne retrace son oeuvre et ses romans semblent subir une certaine désaffection auprès des lecteurs. Nous espérons que ce récit de sa vie contribuera à lui rendre une actualité».
Catherine et Philippe Nédélec aiment les aventures littéraires. L’oeuvre d'Hervé Bazin encore plus car l'écrivain fait souvent référence à l’Anjou, une région qu'il affectionne tout particulièrement. Il suffit pour s'en convaincre de lire les descriptions très réalistes des paysages segréens dans "Vipère au poing'. Du style «Des prés bas, rongés de carex, des chemins creux qui exigent les chariots à roues géantes, d'innombrables haies vives qui font de la campagne un épineux damier… et, surtout, mille et une mares, asiles de légendes mouillées, de couleuvres d'eau et d'incessantes grenouilles. Un paradis terrestre pour la bécassine, le lapin et la chouette ». Et pour rendre le récit de Bazin plus attrayant, les auteurs ont inséré des témoignages de personnes l'ayant connu à différentes époques de sa vie. A la fin de la première partie consacrée à l'enfance de l'écrivain, le journaliste Jean Leclerc évoque le "Pâtys" la propriété de la famille Hervé-Bazin à Marans, ses romans "Vipère au poing" et "Qui j'ose aimer' adaptés pour le cinéma. Les deux films ont été tournés à Segré. Le journaliste, qui a vécu les deux aventures, affirme : «Hervé Bazin a romancé sa vie... ll n'écrivait pas pour fixer la vérité».

"Qui j'ose aimer"
La famille et la bourgeoisie vont continuer de nourrir ses romans. "La mort du petit cheval" puis "Cri de la chouette" poursuivront les démêlés du jeune Jean Rezeau avec sa mère "Folcoche". Dans la deuxième partie du récit, l'on découvre un Bazin épris de nouvelles ("Le bureau des mariages' "Lève-toi et marche"). Suivra "L'huile sur le feu" premier roman dont la famille n'est pas le sujet principal et "Qui j'ose aimer" l'un de ses plus grands romans. Hervé Bazin, qui a eu quatre femmes dans sa vie, y aborde l'ambiguïté d'un sentiment amoureux. Catherine et Philippe Nédélec ont étayé leur récit de documents d'archives, de photos et de précieuses paroles de Bazin, les dernières enregistrées au cours d'un film documentaire réalisé l'été 1994 par Patrick Manain. Au cours du tournage, le président de l'Académie Concourt est revenu sur les lieux de son enfance, «ce qui nous a permis de compléter une période jamais écrite de la vie de Bazin», termine Philippe Nédélec.
Un chapitre entier est consacré à son travail à l'Académie Concourt. Hervé Bazin a succédé à Francis Carco, en 1958. Il a été élu président, en 1973, il avait alors 62 ans. Il a imprimé sa marque en créant, dès 1974, les bourses Goncourt de la nouvelle. Catherine et Philippe Nédélec ont éclairé leur récit en recueillant les témoignages de trois académiciens, Bernard Pivot, Robert Sabotier et Michel Tournier. Ses amis parisiens étaient attachés à «cet homme singulier, exceptionnel, érudit dans bien des domaines autres que la littérature ».
"Dans les pas de Hervé Bazin " se termine en Anjou, à Cunault où se trouve sa maison de campagne et à Angers où il va vivre avec femme et enfant. « Moi, j'aimais déjà beaucoup l’Anjou. Je sentais bien que cela lui ferait plaisir d'y revenir. Je l'ai encouragé à prendre cette décision parce que je sentais bien que c'était important pour lui », explique, tout simplement, Odile Hervé Bazin à la fin du livre. La famille et sa terre natale ont nourri l'essentiel de l'oeuvre d'Hervé Bazin. Il était donc logique pour lui de revenir à la source et d'y reposer.

Yannick Gohier
Haut-Anjou segréen
26/12/2008


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