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Joseph Tesson
Joseph Tesson : auteur du petit pavé

Biographie

Joseph Tesson est né en 1932 à Brétignolles, qu’il n’a jamais quitté et qu’il aime avec passion. Il y sera commerçant pendant 30 ans, participant activement à la transformation de cette petite commune ...
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LA REVUE DE PRESSE, la presse en parle01-12-2011

 J'ai t heureux  Saint-Guen  - Photo art-lhotellier.jpg

« J'ai été heureux à Saint-Guen »

- Jean-Claude L'Hôtellier, qu'êtes-vous venu faire dans la région de Mûr-de-Bretagne, dans les années 50 ?
- Je suis né en 1947. A l'époque, on sortait de la guerre et il y avait d'énormes problème,de ravitaillement. J'avais des problèmes de rachitisme et le médecin avait préconisé pour moi un séjour régulier à la campagne...

- C'est extraordinaire, aujourd'hui, on a tendance à envoyer les enfants plutôt au bord de la mer...
- Oui, mais moi, je souffrais de carences alimentaires. Or, à l'époque, on mangeait mieux à la campagne qu'en ville.

- Venir de Saint-Brieuc, où vous résidiez, jusqu'à SaintGuen, c'était toute une aventure, à vous lire !
- Un peu. Il fallait prendre le train jusqu'à Loudéac, puis prendre celui du Centre-Bretagne. A l'époque, je me souviens, c'était une des premières michelines. En fait, c'était quelque chose de très bringuebalant. J'en garde pourtant un très bon souvenir, même si je voyageais en troisième classe (cela existait encore), sur des sièges de bois. Mais on y rencontrait des tas de gens différents. A l'époque, tout le monde voyageait en train, même pour aller au marché porter ses produits à vendre. J'y ai connu quelques
moments épiques. C'était parfois pittoresque.

- A lire vos souvenirs, la ferme où vous avez vécu durant ces vacances, était typique du Centre-Bretagne, et plus personne aujourd'hui ne voudrait vivre dans ces conditions. Pourtant, vous, vous en avez conservé un formidable souvenir ?
- En fait de ferme, c'était une métairie qui appartenait à un notable du coin. Oui, j'y ai été très heureux. Peut-être aussi est-ce parce qu'à l'époque, j'étais très jeune et que les souvenirs que j'en ai se confondent avec ma jeunesse ? Mais il y avait à l'époque des gens de cœur, et puis la vie à la campagne était un peu nouvelle pour moi.

- Dans votre livre, vous montrez un peu comment on vivait dans la région de Mûr à l'époque. Vous allez éveiller des souvenirs chez nombre d'Anciens de la région...
- J'ai raconté tout ce que j'ai retenu de cette période de ma vie. J'en ai retenu des images fortes : les foires de Mûr, le pèlerinage à Saint-Gilles Vieux-Marché, la vie dans les fermes, les moissons, les jeux des enfants de l'époque, à la campagne. Oui, sans doute que certains vont s'y reconnaître...

- Vous regrettez ce temps ? Etait-ce mieux qu'aujourd'hui ?
- Peut-être qu'aujourd'hui on vit mieux, avec davantage de confort. Mais il n'empêche que je garde de cette époque de bons souvenirs. Je n'ai jamais oublié ce lieu. D'ailleurs j'y suis retourné une première fois quand j'avais 30 ans, puis il y a quelques années.

- Et vous avez été déçu, vous le dites dans votre livre.
- Je n'ai pas réussi à retrouver le cadre de mon enfance. Le corps de ferme existe toujours, mais le tas de fumier dans la cours a disparu. Plus rien n'est pareil. Tout a tellement changé. Et puis alentours, le remembrement est passé par là. Les talus ont disparu eux aussi. Il me semble que ce n'est plus le même art de vivre.

- Pourquoi avoir attendu 45 ans pour écrire ce recueil de souvenirs ?
- J'ai eu une vie professionnelle bien remplie, j'ai travaillé dans le social et ai été président de la caisse d'allocations familiales de Loire-Atlantique durant 12 ans. Maintenant, je vis à Nantes et je suis en retraite, j'ai plus de temps, même si je reste attaché à ma Bretagne à cinq départements. Je suis d'ailleurs membre d'un groupe de danses traditionnelles à Nantes, les Tréteaux et Terroirs de Nantes. Quant à écrire ce livre, j'en avait envie depuis des années, une sorte de besoin. Peut-être pour que ce monde ne soit pas tout à fait oublié ?

Propos recueillis par JF Podevin


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