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L’apocalypse maintenant ?
Cependant, pour citer le poète René Char : Le réel parfois désaltère l’espérance. C’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit. Le lecteur trouvera donc également dans ce recueil des raisons d’espérer et des notes d’humour.
Car, contrairement à ce que beaucoup pensent, l’apocalypse n’est pas la fin de tout, et en particulier la fin du monde, mais une mort, certes à maintes choses et habitudes – dont le superflu –, qui laisse place à une vie nouvelle et une humanité nouvelle.
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Joseph Karma
Joseph Karma est un récit autobiographique en partie fictionnel. Le narrateur y conte les déboires, déconvenues, désillusions du personnage éponyme, un anti-héros, double de l’auteur Denis Hamel. Au fil d’une chronique de l’échec sans larmoiements ou apitoiement sur-soi-même, le lecteur est invité à suivre en observateur impliqué la dérive d’un fantôme de nulle part perdu dans le champ de bataille de l’existence.
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Quête du visage
Admirable phrase-Prologue – qui déroule lentement ses volutes d’attention méditative !
Si la poésie est affleurement délicat de la vie intérieure dans les consciences captées par le monde objectal, avec cette Quête du visage, c’est la vraie poésie qu’offre Michel Santune.
À l’appel silencieux des invisibles signes, un rêveur égaré / à la recherche de lui-même épanche, tout au long d’un monologue recueilli et tremblé, ses interrogations hésitantes, sa sérénité intranquille, sa nostalgie indécise. Tout est caresse, glissement, sensibilité brouillée des entre-deux et des mouvements doubles… Tout est frémissement, discrètes vibrations d’un lyrisme qui palpite dans l’intime.
Et au rythme du balancement subtilement inavoué de l’alexandrin, ou en des pauses habitées des ondes mystérieuses du silence, ou encore en de fugaces élancements, le vers respire, le vers chante.
Et c’est si rare ! -
Les nouvelles lettres-poèmes de Marie
Le verbe poétique ici est métaphorique. Et lumineusement transparent. Avec des mots de tous les jours, le poète transporte son lecteur dans l’ailleurs d’une harmonie supérieure et d’un idéal accessible, où il fait bon vivre et habiter
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Archipels de l’espoir
poème de la minutie, de la coprésence,
onirique ou presque de tant de fleurs qui se joignent
momentanément pour composer cette discrète
majesté d’un ensemble pourpre-rose À la crête
irrégulière de tant de branches compagnes
et promesses de vie d’un bourgeonnement intense,
regarde : sur le pommier du japon se balancent,dodelinant de la feuille, ces forment qui fêtent
une ébauche d’harmonie sans faille Elles témoignent,jardinières du fouillis, des soins de la nuance
avec un sens souverain de ce qui ordonnance,
pondère la part d’incompréhensible Compagnes
obligeantes, elles sont, pour nos âmes d’esthète :
nourriture de beauté, minutie de poète (pommier du japon) -
Délaissement de la prose
De ces miroirs brisés sont tombés les pétales ;
Et les éclats ternis tels ongles de lunaires
Lacèrent, ô yeux clos, vos aveugles paupières.
La nuit, la nuit, leur verse une encre minérale.Le vaisseau de la flamme avoue la cire tendre
Un beau lac ondoyant qu’un pur reflet dévoile,
Et l’ultime miroir que lui tend son étoile
Quand souffle, qui l’efface, une haleine de cendre.Sous ton regard, sévère au trop commun partage
(Tel du noir de la nuit, et de l’or des phalènes),
S’enlacent dans la douce ignorance des chaînes
Le poids de la pensée, le liège du langage. -
Ombres
À la frontière fluctuante entre ces deux mondes – le visible et l’invisible – se déplacent les « ombres » encore toutes chargées de leur histoire humaine, de ses errances, de ses batailles. Elles portent le poids de leurs multiples existences et dérivent cependant vers un « lieu » bien précis.
J’ai voulu décrire dans ce recueil le passage vers l’Au- Delà des âmes déchirées entre ce monde et l’autre. Déchirement que je partage d’autant plus que je me sens attiré par cette transhumance vers l’ailleurs. Celle-ci se fera en son temps, quand l’heure sera venue de partir. Pour l’instant je voyage en esprit dans cet autre monde que je pressens et dont le contact éveille en moi la flamme de la poésie qui est une porte ouverte entre la vie et la mort et qui ouvre les yeux de l’invisible. La mort n’est-elle pas la naissance à une autre forme de vie ?
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Veille, rideau de pluie
Pureté. C’est le mot qui vient à l’esprit, quand jusqu’à nous s’avance une âme cristalline – telle l’âme du vrai poète.
C’est ce mot qui vient à l’esprit, quand on lit l’aéré et vivifiant recueil de Jean-Noël Guéno, Veille, rideau de pluie, suivi de La rumeur de la mer.
Pureté du coeur, pureté de l’écriture : ne tiendrait-on pas là, dans ce monde en miettes, espoir inespéré, la possibilité d’un saut et d’un salut ?
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S’unir avec
Un côté « aime-toi, le ciel t’aimera » (Claude Roy) car la vraie richesse est intérieure et un côté « citoyen du monde » (Voltaire), du quotidien à hauteur de voisinage aux joies et aux drames de la matrice Terre.
Tout cela passe, nous remplit un temps, nous construit durablement. ça, que la poésie nous aide à dire : s’unir avec la vie qui nous atteint et nous façonne à son gré puis choisir ses bonheurs et ses combats.—————————————————————————————————————-
Extrait disponible sur notre rubrique J’en Profite
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Borne 45
Le poème-titre nous dit ce qu’est ce recueil : c’est un récit de voyage (ou même un road movie, avec cette
tonalité hasardeuse et mélancolique, initiatique, qu’on aime tant au cinéma). Si la vie est un trajet dont le but et les méandres ne nous obéissent pas souvent, on est quand même libre de s’arrêter à cette quarante-
cinquième borne pour regarder le chemin parcouru, sur lequel se détachent […] des moments poèmes. […]
La beauté de ces poèmes se joue dans ce paradoxe, celui de la justesse et de la vérité : ne jamais enjoliver, […] que la beauté naisse de ce regard d’intégrité, regard calme et humble sur la vie réelle […]. Mais [celle-ci] est en même temps vibrante de tout ce qui a été reçu : poésie, philosophie, musique, peinture […]. Et elle est donc aussi chatoyante, musicale, lyrique, mélodique. […] nous vivons, dans le mélange des deux fleuves : celui de la réalité qui nous emporte et nous fait vivants, celui de toutes les transmissions qui nous ont nourris et nous renforcent. Une forme de bonheur est ainsi présente, malgré tout : celle d’exister et de ne pas être seul.
Claire Ceira, Préface (extraits) -
Quand viendra le renard
Il nous conte l’infamie des temps modernes, « la mémoire des vaincus en série sur Netflix ». Chez ce faiseur de rimes, il y a aussi la tendresse de la « petite fleur de bitume », parfois de la désespérance : « voici venir rien du tout / je suis tombé dans un putain de trou ».
Découvrez qui est le renard prédateur, peut-être alors, vous aussi, serez dans l’angoissante attente de Quand
viendra le Renard…Extraits de la préface de Yannick Guilbaud